Marius MPOYI KALONJI*
*Chef de Travaux à l’Université Pédagogique Nationale/Kinshasa-RDC
Résumé
L’Afrique doit s’unir… ce cri de ralliement lancé par Kwame N’krumah est toujours d’actualité et pour les mêmes raisons. Entre les tenants de la souveraineté des Etats et les adeptes de l’union africaine défendue par Kwame N’krumah à partir des années 1950, l’opposition ne date pas d’hier. Kwame N’krumah avait milité pour une unité économique, politique et militaire africaine en s’appuyant sur l’exemple des Etats-Unis d’Amérique. Cette recomposition géopolitique devait mettre fin à la balkanisation du continent imposée par la conférence de Berlin. Une idée à l’origine de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine voire de l’Union Africaine, mais qui dès le départ, s’est heurtée à un courant panafricain qualifié de « minimaliste », défendue par Félix Houphouët Boigny et Léopold Sédar Senghor. Cette stratégie revendiquait l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. La guerre froide qui opposait alors l’URSS aux Etats-Unis d’Amérique s’est révélée être un obstacle supplémentaire à un véritable gouvernement de l’union africaine. Les Américains, inquiets de l’expansion du communisme dans le monde, se rangèrent derrière les puissances coloniales hostiles à une remise en cause de leur influence en Afrique. L’Afrique, il sied donc de le souligner, ne pourrait pas repousser l’union continentale au moment où la croissance mondiale s’accélère. Pourtant, les Africains n’en pensent pas moins. L’union est une obsession africaine qui a du mal à prendre corps. Fondés sur la thèse de Thomas Hobbes selon laquelle « Aucun Etat n’est prêt à renoncer à sa souveraineté au profit d’un gouvernement mondial unique », les dirigeants africains conçoivent mal le fait de céder au profit d’une entité supranationale, leurs souverainetés acquises à couteaux tranchants. Ceci constitue le point de départ des obstacles que nous relevons dans cette analyse sur le plan politique, économique et sociologique. Ces obstacles peuvent être surmontés si les uns et les autres cessent de voir le développement dans le cadre de leurs micros Etats issus de la colonisation… Mots-clés : obstacles endogènes, Etats-Unis d’Afrique, panafricanisme
ABSTRACT
Africa must unite… this rallying cry launched by Kwame N’krumah is still relevant today, and for the same reasons. The opposition between the advocates of state sovereignty and the supporters of the African union championed by Kwame N’krumah from the 1950s onwards is nothing new. Kwame N’krumah campaigned for African economic, political and military unity based on the example of the United States of America. This geopolitical recomposition was intended to put an end to the balkanisation of the continent imposed by the Berlin Conference. This was the idea behind the creation of the Organisation of African Unity and even the African Union, but from the outset it came up against a pan-African movement described as « minimalist », championed by Félix Houphouët Boigny and Léopold Sédar Senghor. This strategy called for the inviolability of the borders inherited from colonisation. The Cold War that pitted the USSR against the United States of America proved to be an additional obstacle to a genuine government of African union. The Americans, worried about the spread of communism around the world, sided with the colonial powers who were hostile to any challenge to their influence in Africa. Africa, it should be emphasised, could not postpone continental union at a time of accelerating global growth. Yet Africans
Keywords: endogenous obstacles, United States of Africa, pan-Africanism
https://doi.org/10.62912/RBWQ7426
ARTICLE 6 CTMARIUS