Georges Junior NDUKU MUKABA
Assistant et auditeur en Géographie et Sciences de l’Environnement à l’Université Pédagogique Nationale (UPN)/Kinshasa-RDC
RESUME
Les aires protégées sont souvent perçues comme des instruments de conservation, mais leurs impacts sur les populations locales restent débattus. Cette étude évalue les retombées socioéconomiques du Jardin botanique de Kisantu (Kongo Central, RDC) auprès des communautés riveraines. Une approche mixte a été mobilisée. Les résultats montrent des bénéfices notables : 32 emplois directs, 85 emplois indirects, revenus complémentaires pour 22 % des ménages impliqués, et services écosystémiques appréciés (PFNL, eau). Cependant, des coûts sociaux importants sont identifiés : restrictions d’accès au bois et aux terres (71 % des ménages concernés), absence de compensation pour les parcelles perdues, faible redistribution des recettes (aucun partage formel), et conflits récurrents avec les gardes. La perception globale est partagée (43 % d’amélioration, 32 % de détérioration). Comparé à d’autres aires protégées congolaises, Kisantu affiche des résultats intermédiaires, mais des modèles de cogestion (réserve de Luki) obtiennent de meilleures performances.
Mots-clés : aire protégée, impact socioéconomique, Jardin botanique de Kisantu, conservation, RDC.
ABSTRACT
Protected areas are often viewed as conservation tools, but their impacts on local communities remain debated. This study assesses the socioeconomic outcomes of Kisantu Botanical Garden (Kongo Central, DRC) on neighboring populations. A mixed-method approach was used. Results show notable benefits: 32 direct jobs, 85 indirect jobs, additional income for 22% of involved households, and appreciated ecosystem services (non-timber forest products, water). However, significant social costs are identified: restricted access to firewood and land (71% of households), lack of compensation for lost plots, weak revenue sharing (no formal mechanism), and recurrent conflicts with rangers. Overall perception is mixed (43% improved, 32% worsened). Compared to other DRC protected areas, Kisantu shows intermediate results, but co-management models (Luki Reserve) perform better.
Keywords : protected area, socioeconomic impact, Kisantu Botanical Garden, conservation, DRC.
https://doi.org/10.62912/GJNM9848
